Interview with 2019 John McMenemy Prize Nominee Matt Wilder; “Debating Basic Income: Distributive Justice and the Normative-Technical Nexus.” Canadian Journal of Political Science 51 (2).

Please give us a nutshell summary of your nominated article, “Debating Basic Income: Distributive Justice and the Normative-Technical Nexus.”

Sure. The intention of the article was to give a summary of the main issues underlying the basic income debate. Is basic income technically feasible? Is basic income consistent with societal norms? Simply put, would basic income fly?

In more than one way, the feasibility of basic income depends on what economists call the wage elasticity of labour. Specifically, feasibility depends on (1) the extent to which workers withdraw from the labour force when income is guaranteed and (2) how people in society feel about it. So the success of basic income would depend on people’s attitudes toward, and responses to, guaranteed income —namely, their views on responsibility and duty. The best estimates we have on this —and they are woefully imperfect— indicate that some people withdraw from the labour force, that these people typically focus their efforts on what could be considered productive pursuits, and that most people continue working. Assuming the economy can accommodate withdrawal of workers who, it turns out, would really rather not be working, there is the remaining question of public support. On that score, the survey data —also far from perfect— suggest what I would describe as ambivalence. Empirics aside, in my view, a truly liberal conception of justice not only justifies basic income, but demands it. I argue that, resources permitting, basic income can be implemented without sacrificing one iota of individualism. That cannot be said of other perspectives on basic income, some of which call for cultural engineering and, frankly, the abandonment of liberal principles.

How did you come to be involved in research on basic income policy?

Good question. This subject isn’t the typical focus of my research. I mostly write about innovation and industrial policy. But a PhD at U of T requires a half credit class on normative theory. Since my interest is political economy, I opted to take a full credit class on distributive justice offered by Joseph Carens. I wrote the paper for that class, submitted it to the 2016 Canadian Economics Association Progressive Economics Forum graduate student essay contest, then submitted a revised version to the journal. So the paper was a few years old by the time it came out. Since then, automation has really taken centre-stage. I don’t talk about automation in the article, but the inevitability of a guaranteed income, in some form or another, is reason enough to be talking about it. There’s the origin story. Insofar as I am involved in research on basic income policy, it is in the context of skills and labour development. Increasingly, it seems, governments are trying to accomplish redistributive goals through education policy, minimum wage, targeted subsidies and, more recently, hiring policy. I think the current approach is a terrible way to go about things for many reasons. Basic income is no panacea, but it would serve the ends of government much more efficiently than the current approach.

Do you have any advice for graduate students or other scholars who might be interested in pursuing research on distributive justice or income policy?

I’m not very big on giving advice, but I guess I would say avoid bias and engage with economics. A number of advocates have gotten in touch with me about sitting down and discussing options around basic income. I tell them all the advocacy in the world is no match for a convincing economic model; so find a respected economist to get behind basic income. Most seem disinterested in such an approach. As far as academic research goes, most academics interested in basic income probably exhibit the same frailties as the advocates just described. For the rest, I would advise against dismissing the economics discipline altogether. There is room to work there. There is room for seemingly radical ideas.

Tell us a bit about your current/next project. What are you working on?

I have a few projects on the go. My dissertation research was on industrial policy in Canada, which I am in the process of expanding and rewriting. The next big thing for me will involve innovation, patents and knowledge transfer between OECD countries. I’m also working on a series of papers with a masters student on determinants of public spending in Canada. All of these projects use mixed-methods and come at the questions from a positive political economy-institutionalist angle.

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Entrevues avec les finalistes au prix John McMenemy 2019 Matt Wilder; “Debating Basic Income: Distributive Justice and the Normative-Technical Nexus.” Revue canadienne de science politique. 51 (2).

Pouvez-vous nous résumer en quelques mots l’article « Débattre du revenu de base : La justice distributive et le lien normatif et technique » que vous avez proposé.

Bien sûr. L’objectif de l’article était de résumer les principales questions qui sous-tendent le débat sur le revenu de base. Le revenu de base est-il techniquement faisable? Le revenu de base est-il conforme aux normes sociétales ? En termes simples, le revenu de base s’envolerait-il?

À plus d’un titre, la faisabilité du revenu de base dépend de ce que les économistes appellent l’élasticité salariale du travail. Plus précisément, la faisabilité dépend (1) de la mesure dans laquelle les travailleurs se retirent de la population active lorsque le revenu est garanti et (2) de la perception qu’en ont les gens dans la société. Le succès du revenu de base dépendrait donc de l’attitude et de la réaction des gens à l’égard du revenu garanti, c’est-à-dire de leur opinion sur la responsabilité et le devoir. Les meilleures estimations que nous avons à ce sujet – et elles sont malheureusement imparfaites – indiquent que certaines personnes se retirent de la population active, que ces personnes concentrent généralement leurs efforts sur des activités qui pourraient être considérées comme productives, et que la plupart des gens continuent de travailler. En supposant que l’économie puisse accommoder le retrait des travailleurs qui, en fin de compte, préféreraient vraiment ne pas travailler, il reste la question du soutien public. Sur ce point, les données de l’enquête, loin d’être parfaites, suggèrent ce que je qualifierais d’ambivalence. L’empirisme mis à part, une conception vraiment libérale de la justice non seulement justifie à mon avis le revenu de base, mais l’exige. Je soutiens que, si les ressources le permettent, le revenu de base peut être mis en œuvre sans sacrifier un iota d’individualisme. On ne peut pas en dire autant d’autres perspectives sur le revenu de base, dont certaines exigent une ingénierie culturelle et, franchement, l’abandon des principes libéraux.

Comment en êtes-vous venu à vous impliquer dans la recherche sur les politiques de revenu de base?

Bonne question. Ce sujet n’est pas l’objet typique de mes recherches. J’écris surtout sur l’innovation et la politique industrielle. Mais un doctorat à l’Université de Toronto exige un demi-crédit en théorie normative. Comme je m’intéresse à l’économie politique, j’ai choisi de suivre un cours à crédit sur la justice distributive offert par Joseph Carens. J’ai rédigé l’article pour cette classe, je l’ai soumis au concours de dissertation de 2016 de l’Association canadienne d’économique, puis j’ai soumis une version révisée à la revue. Le journal avait donc quelques années au moment de sa parution. Depuis lors, l’automatisation a vraiment pris le devant de la scène. Je ne parle pas de l’automatisation dans l’article, mais l’inévitabilité d’un revenu garanti, sous une forme ou une autre, est une raison suffisante pour en parler. Voilà l’histoire de l’origine. Dans la mesure où je participe à des recherches sur la politique du revenu de base, c’est dans le contexte du développement des compétences et du travail. De plus en plus, semble-t-il, les gouvernements tentent d’atteindre des objectifs de redistribution par le biais de politiques d’éducation, du salaire minimum, de subventions ciblées et, plus récemment, de politiques d’embauche. Je pense que l’approche actuelle est une façon terrible d’aborder les choses pour de nombreuses raisons. Le revenu de base n’est pas une panacée, mais il servirait les intérêts du gouvernement beaucoup plus efficacement que l’approche actuelle.

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants des cycles supérieurs ou à d’autres universitaires désireux de poursuivre des recherches sur la justice distributive ou la politique du revenu?

Je ne suis pas très doué pour donner des conseils, mais je dirais plutôt d’éviter les préjugés et de se concentrer sur l’aspect économique. Un certain nombre de militants m’ont contacté pour discuter des options qui s’offrent en matière de revenu de base. Je leur dis que le plaidoyer développé aujourd’hui dans le monde ne repose pas sur un modèle économique convaincant ; il faut donc trouver un économiste respecté garant du bien-fondé du revenu de base. La plupart semblent désintéressés par une telle approche. En ce qui concerne la recherche universitaire, la plupart des universitaires qui s’intéressent au revenu de base présentent probablement les mêmes faiblesses que celles que viennent de décrire les défenseurs de la cause. Pour le reste, je déconseillerais d’écarter complètement la discipline économique. Il y a de la place pour y travailler. Il y a de la place pour des idées apparemment radicales.

Parlez-nous un peu du projet auquel vous travaillez ou que vous envisagez d’ores et déjà?

J’ai quelques projets sur le métier. Ma thèse, que je suis en train d’élargir et de réécrire, portait sur la politique industrielle au Canada, La prochaine grande chose qui m’attend est l’innovation, les brevets et le transfert de connaissances entre les pays de l’OCDE. Je travaille également à une série d’articles avec un étudiant à la maîtrise sur les déterminants des dépenses publiques au Canada. Tous ces projets utilisent des méthodes mixtes et abordent les questions sous un angle politico-économique et institutionnaliste positif.

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