Interview with 2019 John McMenemy Prize Nominee Melanee Thomas; “In Crisis or Decline? Selecting Women to Lead Provincial Parties in Government.” Canadian Journal of Political Science 51 (2).

Please give us a nutshell summary of your nominated article, “In Crisis or Decline? Selecting Women to Lead Provincial Parties in Government.”

Most women premiers in Canada (75%) were selected to lead parties already in government, becoming premier through an internal party process rather than through a general election. This leads to the erroneous conclusion that most of Canada’s women premiers are selected to lead parties in government that are in trouble. I find that this is the case only for 2 of the 8 premiers: Rita Johnston and Kathleen Wynne. I argue that Pauline Marois was selected to lead a party in crisis, but it wasn’t in government at the time, and Rachel Notley’s selection as party leader best fits the existing literature on gender and party leadership selection (women most likely to lead small, left-leaning parties).

This means that for half of the women premiers, we don’t have a great explanation for their emergence as party leaders (and, thus, as premiers). Their parties weren’t in crisis or decline. While most led their parties to one general election victory, some were pushed out of office quickly afterwards, and none have led their party to two election victories. That all of these women-led governments have struggled with re-election suggests that there are issues with how Canadians see women in positions of political power that remain poorly understood.

How did you come to be involved in research on women premiers?

I owe Susan Franceschet a big thank you here, as she invited me to participate in an ECPR joint sessions on gender and the political executive. I first drafted this paper for that way back in 2014. Then, I was simply thinking that it was too easy to claim, post-hoc, that women like Allison Redford and Kathy Dunderdale were doomed to fail because of their parties. The unstated assumption in that post-hoc rationale is that gender doesn’t matter for their career trajectories. Yet, when we now have no women premiers, haven’t had a woman serve as prime minister since 1993, and have very few women leading competitive parties at any level, it’s difficult for me to buy the idea that gender doesn’t matter here. That the overwhelming majority of these leaders are white, too, says a lot about what Canadians think leaders look like.

Do you have any advice for graduate students or other scholars who might be interested in pursuing research on women leaders?

For me, one of the most interesting things about this project and others I’m working on is how complicated the effects of gender are. It’s not straightforward; instead, gender works through a whole host of other factors. This means that gender scholars need to really understand the “general” (read: masculine) dynamics of politics to identity how things are different for women. This also means that scholars who aren’t necessarily interested in gender still need to take it seriously, though, otherwise the explanations offered will be incomplete.

Tell us a bit about your current/next project. What are you working on?

I have a project examining how gender stereotypes affect women’s political engagement; part of what we find in that work is that Canadians are more likely than Americans to agree with some pretty sexist ideas about women in politics (i.e. that men are “naturally” better leaders than women). And, I have a new project examining what Canadians think about energy transition, and how malleable those views are.

———————————-

Entrevues avec les finalistes au prix John McMenemy 2019 Melanee Thomas; “In Crisis or Decline? Selecting Women to Lead Provincial Parties in Government.” Revue canadienne de science politique 51 (2).

Pouvez-vous nous résumer en quelques mots l’article « En crise ou en déclin ? Choisir des femmes pour diriger les partis provinciaux au gouvernement » que vous avez proposé?

La plupart des femmes premières ministres au Canada (75 %) ont été choisies pour diriger des partis déjà au pouvoir, devenant ainsi premières ministres par le biais d’un processus de parti interne plutôt que par des élections générales. Cela nous amène à la conclusion erronée que la plupart des premières ministres des provinces canadiennes sont choisies pour diriger les partis au pouvoir qui sont en difficulté. Je trouve que c’est le cas seulement pour deux premières ministres sur huit : Rita Johnston et Kathleen Wynne. Je soutiens que Pauline Marois a été choisie pour diriger un parti en crise, mais qu’elle n’était pas au gouvernement à l’époque, et que le choix de Rachel Notley comme chef de parti correspond le mieux à la littérature existante sur le genre et la sélection des chefs de parti (les femmes sont plus susceptibles de diriger de petits partis de gauche).

Cela signifie que pour la moitié des femmes premières ministres, nous n’avons pas une grande explication pour leur émergence en tant que chefs de parti (et, par conséquent, en tant que premières ministres). Leurs partis n’étaient pas en crise ou en déclin. Bien que la plupart d’entre elles aient mené leur parti à une seule victoire à l’élection générale, certaines ont été chassées du pouvoir peu de temps après, et aucune n’a mené leur parti à deux victoires aux élections. Le fait que tous ces gouvernements dirigés par des femmes aient eu de la difficulté à se faire réélire donne à penser que la façon dont les Canadiens voient les femmes aux postes de pouvoir politique demeure mal comprise.

Comment en êtes-vous venue à vous impliquer dans la recherche sur les femmes premières ministres?

L’IM doit un grand merci à Susan Franceschet, qui m’a invitée à participer à une séance conjointe de l’ECPR sur le genre et l’exécutif politique. J’ai rédigé ce document pour la première fois en 2014. Ensuite, je me disais simplement qu’il était trop facile de prétendre, après coup, que des femmes comme Allison Redford et Kathy Dunderdale étaient vouées à l’échec à cause de leur parti. L’hypothèse non énoncée dans ce raisonnement post-hoc est que le sexe n’a pas d’importance pour leurs trajectoires de carrière. Pourtant, alors qu’il n’y a plus de femmes premières ministres, qu’il n’y a pas eu de femme au poste de premier ministre depuis 1993 et que très peu de femmes dirigent des partis compétitifs à quelque niveau que ce soit, il est difficile pour moi de croire que le sexe n’a pas d’importance ici. Le fait que l’écrasante majorité de ces leaders soient blanches en dit long sur la façon dont les Canadiens perçoivent les femmes de pouvoir.

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants des cycles supérieurs ou à d’autres universitaires désireux de poursuivre des recherches sur les femmes dirigeantes?

Pour moi, l’un des aspects les plus intéressants de ce projet et d’autres sur lesquels je travaille est la complexité des effets du genre. Ce n’est pas simple ; au lieu de cela, le genre fonctionne à travers toute une série d’autres facteurs. Cela signifie que les spécialistes du genre doivent vraiment comprendre la dynamique « générale » (lire : masculine) de la politique pour identifier comment les choses sont différentes pour les femmes. Cela signifie également que les chercheurs qui ne s’intéressent pas nécessairement à la question du genre doivent quand même la prendre au sérieux, faute de quoi les explications fournies seront incomplètes.

Parlez-nous un peu du projet auquel vous travaillez ou que vous envisagez d’ores et déjà?

J’ai un projet qui examine comment les stéréotypes sexistes affectent l’engagement politique des femmes ; une partie de ce que nous constatons dans ce travail est que les Canadiens sont plus susceptibles que les Américains d’être d’accord avec certaines idées assez sexistes sur les femmes en politique (c.-à-d. que les hommes sont « naturellement » meilleurs leaders que les femmes). Et j’ai un nouveau projet qui examine ce que les Canadiens pensent de la transition énergétique et à quel point ces points de vue sont malléables.

Leave a reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *