Interview with 2019 John McMenemy Prize Nominees Cheryl N. Collier and Tracey Raney; “Canada’s Member-to-Member Code of Conduct on Sexual Harassment in the House of Commons: Progress or Regress?Canadian Journal of Political Science 51(4).

Please give us a nutshell summary of your nominated article, “Canada’s Member-to-Member Code of Conduct on Sexual Harassment in the House of Commons: Progress or Regress?”

In 2015, the Canadian House of Commons was the first Westminster parliament in the world to formally address sexual harassment between MPs through an internal code of conduct governing non-criminal sexual harassment.  Our article examines this code using feminist institutional and violence-against-women-in-politics theoretical lenses to illustrate how the code challenges, legitimizes and upholds traditionally gendered norms and institutionalized sexism within Canada’s parliamentary system including parliamentary privilege, party cohesion and party discipline. Despite its novelty, we argue this code not only fails to enact positive gender-friendly institutional change but may do more harm than good in its efforts to curb sexual harassment by reinforcing sexist patriarchal power structures and providing weak supports to facilitate sexual harassment reporting and fair adjudicative processes.  Thus, not only does the Code illustrate the challenges of nesting new institutional rules inside of existing parliamentary culture, it further represents a more detrimental example of change that appears positive on the surface but in reality provides “cover” for traditional actors to cleave to old habits and behaviours that in the end likely makes matters worse.

How did you come to be involved on research on sexual harassment in Canadian federal politics?

The initial idea for this project came to us collectively around 2014 at a CPSA conference shortly after public allegations surfaced that two NDP MP women had been sexually harassed or assaulted by two Liberal MP men. At that point in time, MPs in the Canadian House of Commons realised that they had no policy or rules in place to prevent sexual harassment of MPs by other MPs in the legislative workplace, and they eventually adopted a new MP-to-MP Code of Conduct on Sexual Harassment. We thought this would be a good opportunity to consider how and whether Canada’s new Code could be expected to curb the problem it purported to solve, and set out to do so through a feminist analysis. As discussed above, the Canadian Code clearly falls short in many respects. This research was important to us as Canada’s new Code has been considered a ‘model’ approach to dealing with sexual harassment in politics internationally, and our research shows that this positive interpretation is largely unwarranted.  This work has taken on greater importance in the #MeToo era, where heightened attention to, and discussion of how to prevent, the problem of sexual harassment and violence against women is currently taking place.

Do you have any advice for graduate students or other scholars who might be interested in pursuing research on sexual harassment in politics?

This is a great area of research and we would encourage anyone who is interested to consider working in this area – because issues of sexual harassment and violence against women in politics are emerging areas of political science research, there are many unanswered research questions.  For example, we still have much to learn about how to adequately address the problem of sexual harassment (and other forms of violence) in politics.  We also are not clear on its potentially broader negative effects including whether and how sexual harassment acts as a barrier to women’s equal participation in politics. We would both be interested in working with graduate students who are interested in pursuing these and other research questions at our respective institutions at the University of Windsor in the Masters Program in Political Science or at Ryerson University in the Masters in Policy and Public Administration program or the PhD Program in Policy Studies.

Tell us a bit about your current/next project. What are you working on? This past March (along with Dr. Grace Lore) we prepared a report for Equal Voice called ‘Democracy During #MeToo’ which provides a snapshot of sexual harassment in politics in Canada and internationally. The report can be found here. In the report we provide 12 recommendations for governments, legislatures, political parties, non-governmental groups, social media companies and the public to enact in order to collectively and concretely work toward preventing this problem from happening in the future. Currently, we are working on a joint SSHRC-funded project that compares legislative responses to sexual harassment in politics in a select number of Canadian provinces and federally. We hope to begin conducting interviews for this project soon and look forward to analysing the new data.

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Entrevues avec les finalistes au prix John McMenemy 2019 Cheryl N. Collier et Tracey Raney; “Canada’s Member-to-Member Code of Conduct on Sexual Harassment in the House of Commons: Progress or Regress?Canadian Journal of Political Science 51(4).

Pouvez-vous nous donner un résumé de l’article proposé sous le titre « Code de conduite pour les députés de la Chambre des communes régissant le harcèlement sexuel entre députés : Progrès ou régression? »

En 2015, la Chambre des communes du Canada a été le premier parlement du système de Westminster au monde à s’attaquer officiellement au harcèlement sexuel non criminel entre députés au moyen d’un code de conduite interne. Notre article examine ce code sous l’angle théorique de la violence féministe institutionnelle et de la violence contre les femmes en politique afin d’illustrer comment le code remet en question, légitime et maintient les normes traditionnellement fondées sur le sexe et le sexisme institutionnalisé au sein du système parlementaire du Canada, notamment le privilège parlementaire, la cohésion des partis et la discipline de parti. Malgré sa nouveauté, nous soutenons que ce code non seulement ne parvient pas à mettre en œuvre des changements institutionnels positifs favorables à l’égalité des sexes, mais qu’il peut aussi faire plus de mal que de bien dans ses efforts pour réduire le harcèlement sexuel en renforçant les structures de pouvoir patriarcales sexistes et en fournissant un soutien faible pour faciliter le signalement du harcèlement sexuel et des processus judiciaires équitables.  Ainsi, non seulement le Code illustre les défis que pose l’imbrication de nouvelles règles institutionnelles dans la culture parlementaire existante, mais il représente aussi un exemple plus préjudiciable de changement qui semble positif en apparence, mais qui, en réalité, permet aux acteurs traditionnels de s’accrocher à de vieilles habitudes et à des comportements qui, à la fin, aggravent probablement les choses.

Comment en êtes-vous venues à participer à la recherche sur le harcèlement sexuel en politique fédérale canadienne?

L’idée initiale de ce projet nous est venue collectivement vers 2014 lors d’une conférence de l’AFPC peu de temps après que des allégations publiques eurent fait surface selon lesquelles deux députés néo-démocrates auraient été victimes de harcèlement sexuel ou d’agression par deux députés libéraux masculins. À ce moment-là, les députés de la Chambre des communes du Canada se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas de règles en place pour prévenir le harcèlement sexuel sur les lieux de travail législatifs, et ils ont finalement adopté un nouveau Code de conduite sur le harcèlement sexuel entre députés fédéraux. Nous avons pensé qu’il s’agissait d’une bonne occasion d’examiner comment le nouveau Code du Canada pourrait éventuellement réduire le problème qu’il prétendait résoudre, et nous avons entrepris de le faire par le biais d’une analyse féministe. Comme nous l’avons vu plus haut, le Code canadien est clairement lacunaire à bien des égards. Cette recherche était importante pour nous, car le nouveau Code du Canada a été considéré comme une approche « modèle » pour traiter du harcèlement sexuel en politique à l’échelle internationale, et notre recherche montre que cette interprétation positive est largement injustifiée.  Ce travail a pris de plus en plus d’importance à l’ère #MeToo, où le problème du harcèlement sexuel et de la violence à l’égard des femmes fait actuellement l’objet d’une attention accrue et de discussions sur la façon de le prévenir.

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants des cycles supérieurs ou à d’autres universitaires qui pourraient être intéressés à poursuivre des recherches sur le harcèlement sexuel en politique?

Il s’agit d’un excellent domaine de recherche et nous encourageons toute personne à s’y intéresser – parce que les questions de harcèlement sexuel et de violence contre les femmes en politique sont des domaines émergents de la recherche en sciences politiques et que de nombreuses questions de recherche demeurent sans réponse.  Par exemple, nous avons encore beaucoup à apprendre sur la façon de traiter adéquatement le problème du harcèlement sexuel (et d’autres formes de violence) en politique.  Nous ne savons pas non plus clairement si le harcèlement sexuel peut avoir des effets négatifs plus larges, notamment s’il constitue un obstacle à la participation des femmes à la vie politique sur un pied d’égalité, et de quelle façon il le fait. Nous serions toutes deux disposées à travailler avec des étudiants des cycles supérieurs désireux d’approfondir ces questions et d’autres questions de recherche dans nos établissements respectifs de l’Université de Windsor dans le cadre du programme de maîtrise en science politique ou de l’Université Ryerson dans le cadre du programme de maîtrise en politiques et administration publique ou du programme de doctorat en études politiques.

Parlez-nous un peu du projet auquel vous travaillez ou que vous envisagez d’ores et déjà?

En mars dernier nous avons préparé (avec la Pr Grace Lore), un rapport pour À voix égales intitulé “Democracy during #MeToo” qui donne un aperçu du harcèlement sexuel en politique au Canada et dans le monde. Le rapport peut être consulté ici. Dans le rapport, nous formulons 12 recommandations à l’adresse des gouvernements, des assemblées législatives, des partis politiques, des groupes non gouvernementaux, des entreprises de médias sociaux et du public afin qu’ils travaillent collectivement et concrètement à prévenir ce problème à l’avenir. Nous travaillons actuellement à un projet conjoint financé par le CRSH qui compare les réponses législatives au harcèlement sexuel en politique dans un certain nombre de provinces canadiennes et au niveau fédéral. Nous espérons commencer bientôt à mener des entrevues pour ce projet et nous avons hâte d’analyser les nouvelles données.

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